Pink Floyd

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Atom Heart Mother

est le cinquième album du groupe de rock progressif anglais Pink Floyd sorti le 2 octobre 1970 et qui sera vendu à 745 000 exemplaires en France.

Cet album, pour certains de ses titres, est encore marqué par le côté psychédélique du groupe, mais s’inscrit résolument dans la dimension progressive du rock. Il débute par le titre instrumental Atom Heart Mother de plus de vingt-trois minutes. On ne pouvait, à l’époque, faire de morceau plus long car la face d’un 33 tours ne durait pas plus de vingt-cinq minutes. Atom Heart Mother se distingue des productions floydiennes précédentes par une orchestration complexe et l’utilisation d’instruments classiques tel que des cuivres et des chœurs contemporains. Atom Heart Mother est l’un des très rares morceaux du groupe, à cette époque, à avoir été coécrit par un membre extérieur, le musicien avant-gardiste Ron Geesin ; c’est à lui principalement que l’on doit l’orchestration de ce mélange d’harmonies et de dissonances classiques, de chants quasi-grégoriens (John Aldiss Choir, les Chœurs de John Aldiss) voire « Carl Orffiens », et de rock. Cette composition qui était déjà jouée sur scène en quatuor depuis janvier 1970 sous le titre The Amazing Pudding, ne connut qu’une vingtaine de représentations avec orchestre, dont une en janvier 2012 au Théâtre du Châtelet sans Pink Floyd mais dirigée par Jean Jacques Justafré avec Ron Geesin au piano.

La seconde face de l’album comprend quatre morceaux, dont trois sont de très calmes ballades chantées par chacun des trois paroliers du groupe :

If, une ballade folk de Roger Waters qui rappelle assez celles de Leonard Cohen ; Summer ’68, une critique de l’univers du rock à partir d’une banale histoire de flirt avec une groupie, de Richard Wright ; Fat Old Sun, une composition de David Gilmour douce et onirique, un classique des concerts du groupe où elle dure parfois jusqu’à un quart d’heure ; Alan’s Psychedelic Breakfast est un long morceau alternant musique et bruitages avec de nombreux sons très évocateurs et souvent plutôt drôles produits par un homme prenant son petit déjeuner. Le morceau, très varié, loin d’être languissant, s’étale sur toute la durée du petit déjeuner d’Alan Styles, l’un des roadies de Pink Floyd (mort en décembre 2011 à l’âge de 75 ans) ; c’est également Alan qui fait les bruits et qui parle. Il était l’un des deux ingénieurs du son qui se trouvaient sur la photo figurant au dos de la pochette d’Ummagumma, représentant le matériel de musique exposé sur une piste de l’aérodrome de Biggin Hill devant l’un des véhicules du groupe. Donc qu’on ne se méprenne pas, il ne doit être confondu avec Alan Parsons, ingénieur du son de cet l’album et de The Dark Side of the Moon. Un des titres de travail de la suite Atom Heart Mother était Epic.

Stanley Kubrick demanda la permission d’utiliser l’album pour son film Orange mécanique mais Pink Floyd refusa. Il semble qu’il y eut des regrets ensuite, après visionnage de l’œuvre.

La pochette de cet album représente une vache nommée Lulubelle III, blanche avec des taches marron, vue de trois quarts arrière, la tête dirigée vers l’objectif, dans une prairie verdoyante. Le nom du groupe n’apparaît pas, ni le titre de l’album (hormis sur certaines versions). Le groupe lui ayant demandé « quelque chose de simple », Storm Thorgerson a déclaré avoir simplement pris sa voiture et s’être rendu à la campagne pour photographier la première chose qu’il a vue.

L’album fut remasterisé en 1994, l’édition de 1994 contient en plus de l’album, une fiche de 2 recettes de breakfast (recettes humoristiques) une en anglais « Bédouin » et une en allemand faisant référence à la succulente piste Alan’s Psychédelic Breakfast. Cette fiche de recettes n’est sortie que sur l’édition remasterisée de 1994.

BC

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