Jean-Philippe Hemery

16 | Jean-Philippe Hemery | Le photographe des sans-abri souhaite exposer cette année | Ouest France – Vendredi 8 Janvier 2016

Jean-Philippe Hemery, passionné de photographie, a pointé son objectif sur les sans-abri de Saint-Nazaire. Rencontres et discussions précédent toujours la prise de vues. Son objectif: une exposition et la sortie d’un livre cette année.

Le photographe met les sans-abri dans la boîte

 

Avec leur accord, et sans jamais les faire poser, Jean-Pierre Hemery a photographié les sans-abri de Saint-Nazaire. À venir, expo et livre… si les mécènes suivent.

« Par peur, peur de devenir comme eux, mais pour beaucoup aussi de l’indifférence… Nombre de gens ferment les yeux ou détournent leur regard en passant devant les SDF. » Jean-Philippe Hemery, infographiste de métier, passionné depuis son plus jeune âge par la photographie, a pris la pose inverse et a décidé de plonger son regard dans le leur. « Pour témoigner à ma façon de la précarité ambiante qui peut nous tomber dessus sans prévenir. Personne n’est à l’abri d’un accident de la vie », soupiret-il, plein d’humilité, d’humanité.

Appareil photo glissé dans sa poche depuis toujours, Jean-Philippe Hemery sillonne les rues de la ville. Il glane les attitudes, les postures de ces hommes et femmes de la rue, devant un magasin, sous une aubette, sous un porche. Et commence sa moisson. Non, pas à la façon des paparazzis, mais plutôt à l’issue d’un plus ou moins long échange.

Un agrandissement offert

« Avant de réaliser la première photo, je discute avec le sans-abri, lui expliquant ma démarche », commente Jean-Philippe en insistant sur le fait que, « jamais je ne les ai pris en photo sans leur accord ». Il reconnaît que dans certains cas, les discussions ont été plus ou moins longues avant d’obtenir leur aval, d’un quart d’heure à plusieurs jours après plusieurs échanges. Majoritairement, j’ai toujours reçu un bon accueil ».

Une fois la photo prise et travaillée en studio, le photographe de la rue repasse les voir « En les rencontrant à nouveau, je leur offrais un agrandissement de leur photo. Tous ont été plus heureux que si je leur avais donné une pièce. »

Le travail de Jean-Philippe Hemery s’est étalé sur deux ans, entre 2010 et 2011. Avec au moins une centaine de personnes croisées. Combien de portraits ? Il ne le sait pas, mais a retenu une vingtaine de tirages grand format 50×70 pour les accrocher aux cimaises des expositions installées à la salle Jacques-Brel, à la cité sanitaire, à la Rose des vents.

Aujourd’hui, Jean-Philippe Hemery voit plus grand. Il espère réaliser, en 2016, une nouvelle exposition de ses portraits numériques en noir et blanc. La première se tiendrait au Garage, place du marché. Ancien garage Simca et ex-quincaillerie, l’endroit accueille des artistes et artisans pour les aider à se lancer. « C’est là que je retravaille mes clichés numériques en noir et blanc. Là aussi, je réalise des infographies et conçois des sites internet avec Monsieur Klaus. Mais la photo reste ma passion première. »

Une autre idée trotte dans sa tête : « J’aimerais publier un livre, en 2016, avec une cinquantaine de photos de sans-abri. » li en appelle au bon coeur des mécènes pour l’aider dans ce projet. Leur soutien permettrait de financer ce double projet, le reste de l’argent serait reversé aux associations caritatives. Je n’ai pas envie de me faire de l’argent sur le dos des sans-abri ». — Eric MARTIN – Ouest France, Vendredi 8 janvier 2016

Contact : jipe.hernery@hotmail.fr et danslarue.outlawpoetry.com

 

(c) Jean-Philippe Hemery
(c) Jean-Philippe Hemery
(c) Jean-Philippe Hemery
(c) Jean-Philippe Hemery
Ouest France - Vendredi 8 Janvier 2016
Ouest France – Vendredi 8 Janvier 2016
Ouest France - Vendredi 8 Janvier 2016
Ouest France – Vendredi 8 Janvier 2016

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